Des racines « Gallo-romaines », une reconnaissance médiévale

La découverte archéologique de nombreuses amphores vinaires à Châteaumeillant atteste du rôle de carrefour que jouait Médiolanum, « centre du territoire » des Bituriges. Sa présence sur la table de Peutinger rappelle l’importance stratégique et commerciale que l’oppidum jouait à l’époque gallo-romaine, étape sur la voie reliant Poitiers et Clermont-Ferrand.

Le vignoble de Châteaumeillant est mentionné à la fin du VIème siècle dans les écrits de Grégoire de Tours. Au moyen Age, l’activité vitivinicole se structure et se développe à Châteaumeillant autour de chartes de franchises qui réglementent le bon vin, les corvées et le ban de vendanges. Ces documents font mention de zones toujours cultivées à l’heure actuelle.

Époque moderne : apogée et crise du phylloxera

Le plant Lyonnais est introduit en 1773 avant de se voir peu à peu remplacé dans la première moitié du XIXème siècle par le cépage Gamay. Le cépage du Beaujolais va rapidement se généraliser en raison de sa faculté à produire des vins de qualité sur le terroir de Châteaumeillant. A son apogée, à la fin du second empire, le vignoble compte 1200 hectares de vignes. Ces vignes sont décimés la fin du XIXème siècle, comme l’ensemble du vignoble français, par la crise du phylloxera. Celle-ci porte un coup dur au vignoble, sans pour autant lui être fatale comme elle l’a été pour de nombreux autres petits vignobles de qualité. Toutefois, entre crises et exode rural, la surface du vignoble ne cesse de diminuer jusqu’aux années 1990 jusqu’à devenir, avec 90 hectares, le plus petit vignoble du Centre-Loire.

La renaissance du vignoble, par la qualité

En 1965 un décret consacre l’appellation d’origine de ce vignoble avec le label «  vin délimité de qualité supérieure »  (VDQS). Au coté de quelques vignerons indépendants, la coopérative des vins de Châteaumeillant, fondée en 1964, vinifie et commercialise le vin des viticulteurs coopérateurs.

A partir des années 1990, l’arrivée de nouveaux viticulteurs donne une

nouvelle impulsion à cette recherche de qualité. La production de vins rouges dépasse alors celle du traditionnel vin gris et les plantations de Pinot diversifient l’encépagement et permettent, lors de la vinification, des assemblages qui participent à l’amélioration des qualités organoleptiques des vins. C’est dans ce contexte qu’est initiée la démarche « AOC » en 1991.

Dessine-moi un vignoble…

Obtenue le 9 juin 2010, l’appellation d’origine contrôlée reconnaît la typicité du terroir, des savoir-faire et la qualité des vins de Châteaumeillant. Une stratégie d’accueil de nouveaux vignerons est alors initiée par le syndicat de gestion des vins pour entretenir cette dynamique. Cette dernière porte rapidement ses fruits puisque le nombre de metteurs en marchés passe de 7 en 2010 à 30 aujourd’hui.

Parallèlement, la cave coopérative des vins de Châteaumeillant ferme ses portes en 2013.

Cette recomposition consacre un changement de modèle voulu pour le vignoble, par ses acteurs. Dorénavant, chaque vigneron de l’appellation se charge de la production, de la vinification et de la commercialisation des vins de son domaine. La « coopération » demeure présente puisque trois chais collectifs permettent à leurs adhérents de mutualiser l’appareil de production. Une nouvelle page de l’histoire du vignoble s’est ouverte à Châteaumeillant, sous le signe de la qualité.