Période gauloise et gallo-romaine

oppidum

La première occupation de ce grand promontoire encadré par deux rivières remonte à la fin du IIIe siècle avant J.-C. Ces Gaulois, qui font parti du peuple des Bituriges Cubes fondent la ville de Mediolanum. Très tôt, les habitants développent un important commerce de vin avec l’Italie. Près de 600 amphores ont été découvertes à Châteaumeillant attestant de l’importance de ces échanges !

Dès les années 100 avant J.-C., la ville se dote d’un rempart de type murus gallicus qui marque les limites politiques, économiques et religieuses de l’oppidum.

Mais les armées de César qui menacent le centre de la Gaule cinquante ans plus tard vont pousser les Gaulois de Mediolanum à renforcer leur défense en construisant un rempart de terre massif par-dessus le premier rempart. D’autre part, Mediolanum fait probablement partie des vingt villes bituriges incendiées sur les conseils de Vercingétorix (pratiquant la politique de la terre brûlée) décrites par César dans la Guerre des Gaules.

De l’époque Gallo-Romaine, on ne connaît pas grand-chose car aucune structure en dur ne semble avoir été conservée. En revanche, la présence de nombreux puits et la mention de Mediolanum sur la carte de Peutinger (copie médiévale d’une carte romaine) soulignent le rôle de station routière que jouait la ville à cette époque.

 

 

Période médiévale

Au Moyen-âge, la ville est toujours prospère, elle est organisée en Castrum, le bourg est entouré de fortifications et d’un large fossé.

C’est aux XIème et XIIème siècles que les plus importantes constructions de la ville apparaissent :

Le château des Seigneurs de Déols

chateau pont-levisC’est Ebbes II de Délos, seigneur de Châteaumeillant, qui débute sa construction en 1152.

Le château est alors entouré de murs et de fossés profonds.

Le pavillon d’entrée date des XVI/XVII siècles et fut plusieurs fois reconstruit. En 1793, on comble les fossés et installe une chaussée à la place du pont-levis.

À l’ouest se trouvait la tour de César, tour carrée de 25 m de haut, 15,5 m de côté et murs épais de 5 m. Au 17ème siècle, elle est surmontée d’une figurine en plomb recouverte de cuivre doré (la fée Mélusine), poids 7000 livres.

On peut voir encore aujourd’hui les rainures où passaient les barres du pont-levis pour les charrettes et une passerelle pour les piétons.

Notre Dame la PetiteNotre Dame la Petite

Notre Dame la Petite, église romane et chapelle des seigneurs de Châteaumeillant. Édifiée fin du XI°, début du XII° siècle, chapelle du château puis chapelle vicariale dépendant de l’abbaye de Déols. Jean d’Albret qui épousa Charlotte de Bourgogne y fonda en 1517 un collège de Chanoines.

L’église Saint Genès

L’église Saint Genès, chef d’œuvre de l’art roman, construite aux XIème et XIIème siècles en dehors du Castrum à l’endroit où fut martyrisé Saint Genès en 258 d’où son nom.

Le blason de Châteaumeillant

chateaumeillant

Le blason complet des comtes de Châteaumeillant est un blason couronné avec sur le cimier casqué la fée Mélusine dans son bain :

  • 1er quartier : fers de lance sable (noirs) sur fond or : armes des Fradet
  • 2ème quartier : 10 burèles (fasces) argent et azur : armes des Lusignan
  • 3ème quartier : croix alésée argent sur fonds azur : armes des Saint Gelais
  • 4me quartier : deux fasces et six besants (pièces de monnaie) sur fond azur.

Il faut dire que le premier comte de Châteaumeillant Jean Fradet de Saint Août épousa Marie-Jeanne de Saint Gelais de Lusignan. C’est pourquoi sur la tour César (vaste tour en pierres au sein du château) fut érigée une statue de la fée Mélusine (en plomb recouvert d’or).

Des changements importants

Les plus importants eurent lieu durant la Révolution.

  • Une des tours du clocher et la flèche de Notre Dame la Petite furent démontées pour construire l’autel de la Patrie et l’église désaffectée
  • Le château fut déclaré carrière publique et la statue de Mélusine démontée
  • Le clocher de l’église fut détruit et celle-ci pillée

Ce qui explique qu’aujourd’hui il ne reste pratiquement rien du château et les églises actuelles sont très différentes de ce qu’elles ont été.